Avec l'Arrivée des premiers colons à Saint-Julien, la vie religieuse prenait une partie de leur temps. On organisait des chants pour la célébration de la messe dominicale, les vêpres, tout se chantait en latin, il fallait d'abord apprendre le latin pour le chanter ensuite. Les hommes s'occupaient du chant. Les premiers à former une chorale furent Romain Boulanger, Edmond Lahaie, Alexandre Gouin et son frère Antoine; un peu plus tard, Napoléon Abraham Beaudoin, Jos Beaudoin, Paul Huot et Stanislas "Tom" Gouin.
Les premières organistes furent Léda Lamontagne, Dame Alcide Matthieu, l'épouse du docteur du temps. La musique de l'époque se jouait à l'aide d'un harmonium, (instrument de musique à vent). Il fallait être deux personnes pour le faire fonctionnier, c'est-à-dire celle qui touche les notes du clavier et l'autre pour "pomper" afin de produire le vent nécessaire pour émettre des sons. Le rôle du souffleur était confié aux hommes, on dit même que le plus résistant avait été Édouard Dubois. Il n'y avait pas de robots à cette époque, alors on a dû se procurer un autre harmonium, celui-là avec pédaliers. Plusieurs organistes se sont succédé: Marguerite Martel, Jeanne-d'Arc Lahaie Roy, Jeannette Beaudoin Roberge, Georges Beaudoin, Étiennette Gouin Beaudoin, Marilyne Gouin Daigle.
À la messe de minuit, on ajoutait des violoneux pour accompagner les cantiques de Noël en français; on se souvient en particulier de Denys Larkin et Sifroid Simoneau. L'église étant faiblement éclairée, on pouvait à peine discerner la crèche de Jésus. On peut facilement s'imaginer ce que les assistants ressentaient.
En 1917, se présenta le premier maître-chantre: Honorius Therrien. Ensuite en 1930, Albert-Édouard Lemay connaissait très bien le chant grégorien et une chorale d'une vingtaine d'hommes fut formée. En 1954, les marguilleirs achetèrent l'orgue de l'église Sainte-Marguerite-de-Magog au prix de 1500 $. À noter que Monsieur le curé Boutin touchait l'orgue lors des funérailles et des mariages, un curé des paroisses voisines faisait l'office.
En 1961, avec le concile oecuménique, arrive le chant religieux en français. Alors on doit s'organiser à nouveau, on exigeait que toute l'assistance participe aux chants dominicaux; un engagement pas facile à réussir.
En 1969, après avoir vu et entendu les "Saint-Julien" à la télévision, à l'émission de "Soirée canadienne" avec Louis Bilodeau, le curé Eugène Hudon fait une sainte colère pendant l'homélie du dimanche suivant. Il pousse ses paroissiens à former une chorale et à préparer les chants pour tous les offices religieux à venir. En bons paroissiens, un groupe d'une quinzaine d'hommes et de femmes, plus un organiste à la pige et ça continue jusqu'en 1983. Avec l'arrivée de Monsieur Pierre-Michel Bleau, basse chantante et maître de chorale, les problèmes de chants de Saint-Julien sont terminés.